Page 5 - Sur le fil - Sauvegarder le Vieux-Lyon au XXIe siècle
P. 5

l’architecte André Donzet entreprend un projet d’ensemble à base de curetage et d’aération du secteur. Pradel prévoit des voies rapides qui éventrent les quartiers, notamment le Vieux-Lyon, pour rejoindre le plateau du cinquième arrondissement, des parcs de stationnement, des logements neufs. Dès son arrivée, Francisque Collomb rompt avec cette politique ; il confie le projet du Vieux-Lyon au nouvel architecte en chef des monuments historiques, Jean-Gabriel Mortamet, et parie sur la concertation et le respect du patrimoine ; il impose la réhabilitation d’immeubles anciens en logements sociaux pour maintenir sur place des ménages modestes. Ainsi, le secteur sauvegardé est passé par différentes phases ; la vivification prérévolutionnaire, la reconquête immobilière et sociale du XIXe siècle, la rénovation des années 1950-60, jusqu’à la sauvegarde des années 1964- 2014. Le secteur sauvegardé n’est pas seulement un conservatoire des vieilles choses, vieilles maisons, vieux immeubles, mais aussi un centre de ressources pour l’avenir.
Régis Neyret, ancien président et figure emblématique de la RVL, retrace les convergences successives qui ont mené à la renaissance actuelle du Vieux-Lyon.
1956-1958 : convergence de la Jeune Chambre économique (JCE) et du Syndicat d’initiative (SI). Alors qu’Édouard Herriot et Louis Pradel ont tout fait pour que la voiture vienne dans la ville, la JCE et le SI créent une commission pour faire des suggestions concernant le quartier
Saint-Jean, sur l’initiative de Marc Levin. La JCE édite un plan du Vieux-Lyon et ouvre un centre de renseignements pour les habitants, 29 rue Saint-Jean. Jacques Chaveyriat, administrateur du SI, habitant quai Romain-Rolland, devient président de la RVL.
À partir de 1959 : la convergence JCE-SI- RVL ouvre la concertation aux habitants. Quatre membres de la JCE (Jean Clerc, Marc Levin, Michel Nicolas et Régis Neyret) intègrent le bureau de la RVL. Le 8 décembre 1959, la RVL et la JCE organisent la première « invasion » du Vieux-Lyon par les Lyonnais en l’éclairant et le sonorisant. Sous l’affluence, la passerelle Saint- Georges doit être fermée.
En 1960 : convergence RVL-État. Un travail en commun débute entre le préfet, Roger Ricard, l’architecte des bâtiments de France, Thévenot, l’architecte en chef des monuments historiques, Donzet, et une potière, Simone Pelosse. Le départ du marché de gros des quais de Saône avait libéré cent cinquante boutiques de part et d’autre de la rivière. Thévenot et Donzet préparent, à la demande du préfet, un arrêté municipal interdisant les transformations des rez-de-chaussée du Vieux-Lyon en garages, le premier arrêté de ce type pris pour un quartier ancien avant la création des secteurs sauvegardés. Régis et Annie Neyret s’installent place du Change.
À partir de 1961 : la convergence entre la RVL et l’État s’élargit à la municipalité
Sur le fil... Sauvegarder le Vieux-Lyon au XXIe siècle
Un peu d’histoire...


































































































   3   4   5   6   7