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Années 1530 À Roanne, un vitrail « attaché » au martyre de saint Sébastien
La principale église de Roanne et la plus ancienne, l’église saint Etienne, possède un vitrail, représentant le martyre de saint Sébastien, classé monument historique depuis le 21 décembre 1902. Ce vitrail des années 1530 n’est pas le plus ancien du département, ceux de l’église de La Bénisson- Dieu sont datés du XIIe siècle et ceux de l’église d’Ambierle du XVe siècle.
Ni paraphe, ni monogramme ne signent ce vitrail assurément d’influence italienne. Il est sans doute l’œuvre d’un artisan venu d’Italie qui travailla pour Claude Gouffier. Sire de Boisy, duc de Roannais, comte de Maulevrier, seigneur d’Oiron (1501-Villers-Cotterêts, 12 décembre 1570), il contribua par ses largesses à la décoration de l’église de Roanne. Au XVIe siècle, presque rasée, elle fait place à l’église actuelle. Deux travées sont cependant préservées. L’une des fenêtres des travées conservées est ornée de la verrière du martyre de saint Sébastien. L’église est agrandie par les soins de l’architecte lyonnais, Paul Chenavard (1822-1845). Harmonieux reste l’espace intérieur de style néogothique. En 1835, lors de la reconstruction de l’église, la réparation du vitrail déposé est confiée au peintre-verrier Thibault de Clermont qui effectue du mauvais travail. M. Bonnot, peintre- verrier, agréé par la commission des Monuments Historiques, connu pour avoir restauré les verrières d’Ambierle, reprend le flambeau, cette fois avec succès. Le vitrail a été présenté lors de la Grande Rétrospective Forézienne de 1890, organisée par Joseph Déchelette, célèbre archéologue.
Divisé en trois compartiments, le vitrail présente le supplicié attaché à un portique. Sur fond de ciel bleu vif, tours et constructions méridionales d’inspiration Renaissance se dessinent. A droite, le saint, debout, ceint d’un linge, domine les archers. Sa main droite disparait dans le dos, sans doute attachée au portique. L’auréole du visage incliné cache la main gauche. Le soldat que l’on voit de face a décoché une
flèche, tandis que son comparse, situé de dos, en tire une autre de son carquois. Les rouges rubis, pourpre, et les bleus profonds des costumes des deux archers donnent force à l’œuvre datée de la première moitié du XVIe, à en juger par les techniques de coloration des verres. Ce que confirme l’accoutrement des archers : l’un des soldats porte un jupon épais pris sous la cuirasse, espèce de pardessus militaire qui, vers 1520, composa le costume des soldats, selon Brantôme1.
Note
1- Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, abbé de Brantôme, né aux environs de 1540 à Bourdeilles, en Périgord, et mort le 15 juillet 1614 dans son château de Richemont à Saint-Crépin-de-Richemont,
abbé commendataire et seigneur de Brantôme, est un écrivain français, surtout connu pour ses écrits « légers » relatant sa vie de courtisan et de soldat
Sources Roanne, un passé, une ville, une histoire, Ville de Roanne, 2002, par Anne Carcel.	
Henri Epinard, du Cercle Albert Boudot. Archives municipales de Roanne.


































































































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