Page 3 - Banc National d'Épreuve Saint-Étienne
P. 3


Sources
Histoire de la vigne et du vin en France : des origines au XIXe siècle, Roger Dion, 1959 Site de la Côte Roannaise : www.cote-roannaise.fr
La culture de la vigne est ancestrale. En tout état de cause, il est admis qu’on cultive la vigne en Gaule avant que l’édit de Probus ne l’autorise en 276. L’empereur Marcus Aurelius Probus prend, dès son accession au pouvoir, des mesures d’amélioration économique, notamment en faveur de l’agriculture. Le nouvel homme fort de Rome autorise la culture de la vigne et la production de vins en Gaule, rendant caduc l’édit de Domitien, promulgué près de deux siècles auparavant et proscrivant toute nouvelle plantation. S’appuyant sur des écrits tardifs, en particulier ceux de Grégoire de Tours, Roger Dion rattache à cette période de réformes impériales le développement des vignobles de la vallée de la Loire. Et parmi eux, le vignoble de la Côte Roannaise, dont l’aire de production est sise en amont. Si son origine gallo-romaine n’est guère contestable, force est de constater que la première source attestant du vignoble, précisément sur le territoire de Villerest, date de 970. Au Xe siècle, sous la férule des ordres monastiques – ici, avec l’arrivée des bénédictins – et grâce à l’aide des seigneurs locaux, la vigne connaît une exploitation graduelle. Trois siècles plus tard, on recense de nombreuses mentions de l’existence du vignoble (privilège de vente ou interdiction, durée et date de vendanges, partages ou ventes...). L’année 1439 voit l’apparition d’un prix lié au vin. Profitant de l’amélioration sensible du transport par voie d’eau jusqu’à Nantes mais plus sûrement jusqu’à Paris, le vignoble poursuit son inexorable développement, comme en atteste le doublement de sa
superficie enregistré entre 1620 et 1670. Le breuvage retient l’attention du curé de Noailly qui, en 1653, argumentera, dithyrambique : « Il y en a de rouges, mais la plupart sont clairets et fauvelets, subtils, délicats, friands et d’un goût fort agréable au palais ». La première apogée, estimée au mitan du XVIIIe siècle, est concomitante de la vitalité de la batellerie. Selon toute probabilité, environ 40 à 50 000 pièces de 2 hl sont alors produites par quelque 4 000 ha de vignes plantées en gamay, ce qui en fait le plus vaste vignoble intérieur du Massif Central. Peu ou prou, au lendemain de la Révolution française, près de 60 000 hl sont embarqués chaque année afin d’approvisionner le glouton marché parisien. En 1818, Duplessy avance le chiffre de 9 305 ha de vignes. Un potentiel d’exploitation croissant tempéré par une qualité de la production encore aléatoire. L’annuaire statistique de 1809 ne dit pas le contraire, exposant que « les vignes [...] font l’une des grandes richesses du Roannais par une exportation considérable... mais elles sont moins bien cultivées que celles du Mâconnais et du Beaujolais. On ne recherche ici que la quantité et la couleur foncée du vin et non la qualité ».
Si la dénomination de Côte Roannaise est couramment usitée au cours du XXe siècle, elle trouve sa genèse en 1843 dans les pages d’un ouvrage signé de l’abbé Auguste Lamblot, le premier à formuler cette identité unique, alors qu’autrefois on évoquait plusieurs côtes : celle de Renaison, celle d’Ambierle, celle de Saint-André.
970 Villerest, source de côte roannaise


































































































   1   2   3   4   5